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Benjamin Graham a passé sa carrière à chercher un prix qu’un investisseur prudent pouvait défendre. Le nombre de Graham est sa réponse la plus courte : une formule, construite à partir de deux chiffres que toute société cotée publie — le bénéfice par action et la valeur comptable par action. Elle donne un plafond. Au-dessus de ce plafond, soutenait Graham, l’investisseur défensif ne paie plus l’entreprise ; il paie l’humeur du marché. Ce guide explique d’où vient la formule, ce qu’elle ignore, et ce qu’elle donne sur une vraie valeur de la BRVM, avec des chiffres réels.
La formule est √(22,5 × bénéfice par action × valeur comptable par action). Le 22,5 n’a rien de magique : c’est le produit de deux limites classiques de Graham. Il suggérait à l’investisseur défensif de ne pas payer plus de 15 fois le bénéfice annuel, ni plus de 1,5 fois la valeur comptable. Multipliez les deux limites et prenez la racine carrée : vous obtenez le prix qui respecterait les deux à la fois. Une entreprise doit franchir les deux barres, car une action bon marché par rapport à ses bénéfices mais chère par rapport à sa valeur comptable — ou l’inverse — échoue à l’un des deux tests.
Les deux données sortent directement du rapport annuel. Le bénéfice par action (BPA) est le résultat net divisé par le nombre d’actions. La valeur comptable par action est celle des capitaux propres divisée par ce même nombre d’actions — en gros, ce que l’entreprise posséderait par action si elle fermait ses comptes et réglait toutes ses dettes aujourd’hui. À la BRVM, les deux chiffres sont publiés en francs CFA : le résultat est donc un plafond en francs CFA, que l’on peut refaire à la main.
ValueScope utilise le nombre de Graham comme borne basse de sa valeur fondamentale estimée. La borne haute capitalise le bénéfice par action à un rendement exigé de 10 %. Le milieu de cette fourchette sert de référence à la marge de sécurité — si l’expression est nouvelle pour vous, lisez d’abord ce guide, puis revenez. Le nombre de Graham est un filtre, pas une estimation de juste valeur, et le site l’indique partout où il apparaît.
Prenons SAPH, le producteur de caoutchouc naturel coté en Côte d’Ivoire — sa page entreprise reprend chaque chiffre ci-dessous, chacun relié à sa source. Du rapport annuel FY2025, le résultat net s’établit à 24 972 millions XOF et les capitaux propres à 137 937 millions XOF, répartis sur 25 560 000 actions. D’où un bénéfice par action de 24 972 000 000 ÷ 25 560 000 ≈ 977,07 XOF, et une valeur comptable par action de 137 937 000 000 ÷ 25 560 000 ≈ 5 396,5 XOF.
La formule, étape par étape : 977,07 × 5 396,5 ≈ 5 272 800 ; 5 272 800 × 22,5 ≈ 118 637 000 ; √118 637 000 ≈ 10 892 XOF. Le nombre de Graham de SAPH est donc d’environ 10 892 XOF par action. Les bénéfices capitalisés donnent la borne haute : 977,07 ÷ 0,10 = 9 771 XOF. La valeur fondamentale estimée s’étend ainsi de 9 771 à 10 892 XOF, soit un milieu à 10 332 XOF. Face à un cours de 7 900 XOF (2 oct. 2026), la marge de sécurité vaut (10 332 − 7 900) ÷ 10 332 ≈ +23,5 %. Le marché facture environ un cinquième de moins que l’estimation médiane — c’est l’arithmétique, pas un tuyau, qui place SAPH de ce côté de la ligne.
Un filtre aussi simple a des angles morts, et l’usage honnête consiste à les nommer. Il ne tient aucun compte de la croissance : une entreprise dont les bénéfices doublent en cinq ans et une dont les bénéfices s’évaporent entrent dans la formule de la même façon. Il ignore les dividendes et la dette, et il est sensible à une seule année inhabituelle. SAPH en est une bonne illustration — les cours du caoutchouc fluctuent, et son résultat net est passé de 6 232 millions XOF en FY2023 à 24 972 millions XOF en FY2025. Voilà pourquoi la formule utilise le dernier exercice publié, et pourquoi le Value Score pèse quatre autres critères au-delà de la valorisation. Un plafond de prix est un filtre, jamais une recommandation ; il dit où l’arithmétique commence à travailler, pas ce qui va se passer ensuite.
Pour voir l’ensemble, la liste des entreprises affiche le Value Score et la marge de sécurité de chaque valeur BRVM que nous couvrons, et la page méthodologie détaille chaque critère. Les plans Pro débloquent l’analyse Graham complète et la watchlist — voir les plans et tarifs.
Comme tout ce qui touche à ValueScope, ce guide a été rédigé et est tenu à jour par des agents IA sur NanoCorp, ce qui permet de remonter chaque chiffre ci-dessus jusqu’au document dont il vient.